La fin de l’espèce humaine

Depuis les origines de la vie, les espèces apparaissent, disparaissent, parfois en grand nombre, parfois en peu de temps. La nature est ainsi. Elle sélectionne et ne se soucie pas de la survie de quelque espèce que ce soit.

Mais nous, humanité, sommes-nous à l’abri ?

Comment imaginer la fin de notre espèce. Nous nous auto-admirons. Nous avons de bonnes raisons pour cela : Aucune espèce n’a réussi ce que nous avons réussi. Nous savons aimer. Nous savons découvrir, inventer, construire. Nous dominons chaque jour davantage tout ce qui nous entoure. Nous affirmons notre valeur face à la nature qui nous la conteste. C’est là le sens de « la deuxième loi ». Comment pourrions nous disparaitre ? Quel gâchis ce serait. Et pourtant !

La terre n’a pas toujours été ce qu’elle est. Des phénomènes d’une puissance inouïe se sont succédés : il y a plus de quatre milliards d’années, le choc avec une autre planète, Theïa, donne naissance à la lune. La terre n’est qu’un lac de lave. Un enfer. Les astéroïdes pleuvent dans ce système solaire en construction. Plus tard, l’eau à l’état de vapeur finit par retomber en pluie. C’est un déluge gigantesque qui provoque la création des océans. La terre est sans vie, l’atmosphère est irrespirable. Et pourtant la vie apparaît, une vie bactérienne, qui restera la seule à exister pendant au moins deux milliards d’années.

La vie se faufile au travers de catastrophes. La dissolution de l’oxyde de carbone conduit à un refroidissement climatique. La terre devient une boule de glace. Elle se réchauffe enfin. Les cyanobactéries ne cessent de rejeter de l’oxygène dans l’atmosphère. Ce n’est au fond qu’une gigantesque pollution mais elle rend possible de nouvelles formes de vie.

Des continents entiers se forment, se heurtent, se brisent. Des phases de volcanisme intense se succèdent. La vie progresse malgré tout mais se trouve maintes fois menacée. Elle doit surmonter des périodes terribles, les grandes extinctions.

Il y a 450 millions d’années 85 % des espèces disparaissent suite à une glaciation. Il y à 380 millions d’années c’est encore 75 % des espèces qui disparaissent à cause de variations climatiques et de la perte d’oxygène des océans. Il y a 250 millions d’années, une nouvelle extinction élimine  95 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres, à cause d’un réchauffement climatique extrême. Il y a 200 millions d’années c’est 70 % des espèces marines qui disparaissent sans doute à cause de la dislocation d’un continent, la Pangée, et des changements climatiques qui en résultent. Il y a 65 millions d’années 50 % des espèces disparaissent dont les dinosaures. La cause cette fois est l’impact d’une météorite gigantesque.

Depuis l’arrivée de l’humanité, une nouvelle extinction massive est en cours. Nous en sommes le responsable involontaire. Elle est bien plus rapide que toutes les autres et nous pourrions bien faire partie des victimes.

Le danger est infiniment plus grand que tous ceux que nous pouvions imaginer :

Ce n’est pas la fin du soleil qui nous détruira. Elle est trop lointaine. Pas besoin de paniquer. Le soleil a 4,5 milliards d’années. Il va vivre encore cinq milliards d’années. Certes, bien avant cela, il va se transformer rendant la vie impossible pour nous. Mais il nous accorde un sursis d’au moins cinq cent millions d’années.

Ce n’est pas non plus une météorite comparable à celle qui a frappé la terre il y a 65 millions d’années et provoqué la fin des dinosaures, qui nous fera disparaitre. Nous saurons mettre en place un dispositif qui nous prémunira contre ce danger. N’attendons pas trop tout de même. On ne sait jamais.

Nous avons un problème bien plus grave et bien plus immédiat. La disparition des espèces dont nous sommes responsables n’est que le signe précurseur des ravages que nous sommes capables de provoquer.

Toutes les études le montrent, notre atmosphère se réchauffe à cause d’un taux d’oxyde de carbone qui ne cesse de s’élever. Ceci sur terre a toujours été synonyme de catastrophe. Quelques degrés suffisent à tout changer. Le danger est d’autant plus grand qu’un début de réchauffement climatique pourrait entrainer la fonte du permafrost, libérant à son tour des quantités monstrueuses de gaz à effet de serre. Le réchauffement climatique deviendrait alors irréversible, quoi que nous fassions.

Nous disposons de solutions techniques, ou en tout cas nous sommes capables d’en disposer à court terme. Le défi est gigantesque. Mais à ne regarder que l’aspect technique nous risquons de passer à coté de la vraie difficulté :

Rien ne prouve que l’humanité soit capable de prendre à temps les décisions qui s’imposent. L’humanité n’est pas homogène. Il n’y a pas qu’un seul pouvoir. Ce n’est pas un être vivant qui réfléchit et décide. Les dirigeants valent ce qu’ils valent. Ils sont happés par des problèmes de court terme. Et puis en apparence, concrètement, dans la vie de tous les jours, ça ne paraît  pas si grave. Et le jour où ça paraîtra grave, ce sera irréversible.

Peut être en est il ainsi des espèces intelligentes. Peut être finissent-elles inexorablement  par se suicider. Après tout on n’en a pas vu d’autres, d’espèces intelligentes.

Une chose est sûr en tout cas. La nature obéit à la première loi :  « il n’y a pas de bien, il n’y a pas de mal, il n’y a pas de but. Tout est indifférent ».

Elle laissera faire.

 

 

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