Il n’y a plus vraiment de doute aujourd’hui : le climat se réchauffe et l’homme en est responsable.
Dans l’histoire de la vie sur terre, une histoire de près de quatre milliards d’années, les changements climatiques ont toujours eu un effet dévastateur.
Il y a 445 millions d’année une période de glaciation provoque la dispartion de 85% des espèces animales. Il y a 360 millions d’années des variations climatiques conduisent à la disparition de 75% des espèces. Des extinctions d’ampleur comparable se produisent il y a 250 millions d’années et il y a 200 millions d’années. Il y a 66 millions d’années, les conséquences climatiques de l’impact d’une météorite provoquent la disparition des dinosaures et d’une quantité d’autres espèces.
En dehors de cette dernière, ces catastrophes se sont déroulées sur des millions d’années. Aujourd’hui, le réchauffement climatique que nous provoquons se joue sur quelques sciècles et pour l’essentiel sur quelques dizaines d’années.
Si rien ne change, notre espèce et bien d’autres n’y survivront pas. La vie est fragile. Notre existence dépends d’équilibres complexes. Ils sont en train de se briser sous nos yeux. Rien ne viendra nous sauver que nous mêmes. La nature avec ou sans dieu n’a pas hésité à sacrifier toutes ces espèces. Elle n’a pas plus besoin de nous que des trilobites ou des dinosaures. Nous sommes seuls face à elle et à son indifférence.
Nous le savons. Que faire alors ? Nous voiler la face ? Revenir en arrière ? Aller de l’avant ?
Il est de plus en plus difficile de se voiler la face, de faire comme si rien de tout cela n’existait. Les manifestations du réchauffement climatique sont de plus en plus voyantes. L’évolution est visible. Elle ne peut plus être assimilée à une suite de fluctuations climatiques telles qu’il en a toujours existé.
Alors, revenir en arrière ? Dire que nous sur-consommons, que nous nous déplaçons exagérément, que nous avons trop de tout alors que nous avons l’impression de ne pas en avoir assez. Donc nous restreindre, imaginez une autre société, convaincre les plus pauvres qu’ils ne peuvent pas espérer grand chose. Décider inévitablement qu’il faut restreindre les libertés des récalcitrants. Sacrifier des peuples entiers qui n’auront aucune envie d’être sacrifiés.
Aller de l’avant ? Miser sur le savoir, sur la technique pour mettre en oeuvre des solutions nouvelles, pour modifier en profondeur nos façons de consommer de l’énergie, nos façons de produire.
A l’évidence oui. Il n’y a pas véritablement d’autre choix. Mais un autre danger nous guette. Nous n’avons pas le droit à l’erreur. Nos choix techniques doivent être réfléchis, fondés sur notre savoir. En aucun cas ils ne doivent être idéologiques.
Ecoutons les savants, les chercheurs, les ingénieurs, les techniciens. Méfions nous des idées qui ne sont pas étayées, qui ne sont pas passées au crible des réalités techniques. Posons nous la question : et si nous faisions fausse route. Et si les solutions que nous envisageons n’étaient pas les bonnes. Et si nous engagions tous nos moyens financiers, toute notre énergie, pour mettre en oeuvres des stratégies qui ne marcheront pas.
La question aujourd’hui se pose vraiment. Imaginez : Les énergies propres, éoliennes, solaires, ne fonctionnent pas comme on pouvait le croire. Impossible d’exploiter une énergie qui dépend des caprices du temps, du jour et de la nuit. Une énergie que l’on ne sait pas vraiment stocker. Une énergie dont les variations sont telles que l’on ne sait pas stabiliser un réseau électrique qui en dépend.
Imaginez les conséquences : aucune de nos activités n’y résistera. Les projets que nous pouvons avoir pour nos vies et celles de nos enfants s’effondreront. La décroissance laminera tout sur son passage. La démocratie, la paix, l’espoir.
Il y a une énergie qui pourtant fonctionne déjà. Le nucléaire. Elle ne dépend ni du climat, ni du lieu, ni du moment. Elle ne génère aucun gaz à effet de serre. Elle a fait de la France l’un des pays qui polluent le moins. Pourtant, nous la critiquons, nous voulons fermer les centrales, abandonner les recherches d’améliorations futures. Où est la logique là dedans, où est le bon sens, où est le sens des responsabilités.
En pensant à tout cela, j’ai peut être tort. Mais est-ce trop demander qu’un débat sérieux s’instaure. Pas un débat sur le réchauffement climatique qui aujourd’hui ne peut plus être mis en doute. Mais un débat scientifique, technique, économique, sur la façon dont nous allons nous sortir du piège dans lequel l’humanité est tombée.